6 contrevérités du monde de entrepreneuriat

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Les contrevérités du monde de l’entrepreneuriat que vous devez connaître

 

Strass, paillettes, ambiance “bisounours” au sein de la tribu fraichement créée. Un cliché qui colle à la peau du monde de l’entreprenariat. À force de voir fleurir les masters et autres formations préparant à voler de ses propres ailes, les chiffres de l’emploi (plutôt du non-emploi) affolants, on en vient à croire qu’entreprendre est à la portée de tous. Que les success stories comptent plus que les déconvenues.

 

Et pourtant, créer son entreprise est un doux rêve que peu réalisent ! Il est vrai que derrière les paillettes, il y a un travail de marathonien. Un travail qui demande courage, remise en question et rage de vaincre (Eye of tiger). Et comme une personne avertie en vaut deux, il vaut mieux connaître la réalité qu’il va falloir affronter, s’y préparer et mettre de son côté toutes les chances pour réussir.

 

1ère contrevérité : la première idée est la bonne, parole d’honneur !
Vous savez, cette idée qui fait qu’on se lève au milieu de la nuit pour prendre de quoi noter ? Cet eureka qui frappe alors qu’on s’y attend le moins. Tout serait si simple s’il en était ainsi. Et pourtant, une idée, la bonne idée s’éprouve avec le temps. Comme le fer aiguise le fer, ce n’est qu’une fois confrontée à la réalité qu’une idée prend toute sa valeur. Au contact des vrais clients (famille et proches ne comptent pas vraiment parce que leur jugement peut être biaisé), l’idée, le business model, la proposition de valeur se vérifient… mais souvent, il faut revoir sa copie. L’idée de génie vient rarement du premier coup. Elle se fait désirer et préfère que le doute et la remise en question la précèdent avant qu’elle ne fasse son entrée dans toute sa splendeur. Non pas que ce type d’idées spontanées soient bonnes à jeter. Bien au contraire. Il faut juste les confronter suffisamment tôt à la réalité du terrain, tester ces hypothèses avec des clients avant de lancer les opérations et de dépenser de l’argent.

 

2ème contrevérité : les clients n’attendent que vous
Avec l’offre pléthorique sur le marché, il serait naïf de penser ainsi. On a tous quelque chose en nous de Tennessee d’opportuniste. On accorde sa confiance au plus offrant. À remporter des victoires commerciales, le sens des réalités se perd, mais se retrouve très vite. Sur 10 visites, il est courant d’en voir 9 qui n’aboutissent à rien. 9 portes plus ou moins sèchement fermées. 9 personnes doutant de la pertinence de votre démarche. 9 c’est beaucoup. Mais ce n’est pas grand-chose comparé à cet unique client qui vous aura dit OUI. Une bataille pour arracher ce fameux sésame et une preuve que ce ne sont pas LES clients qui vous attendent, mais VOS clients qui vous attendent. Les lois universelles du marketing se vérifient : À chaque entreprise, son marché. En fonction de qui vous êtes, de ce que dégage votre entreprise, de la qualité de vos produits ou services, de votre positionnement, etc., un certain public vous est destiné ! Maintenant, il est toujours possible de chasser en dehors des terres battues. Mais c’est s’exposer à devoir satisfaire des attentes en dehors de votre périmètre commercial, sans garantie certaine d’y parvenir.

 

3ème contrevérité : le succès est immédiat ou n’est pas
À voir les 464 000 résultats sur Google suite à la requête « succès immédiat », comparé aux 42 100 000 résultats pour la requête « vente d’appartement », nul doute que le succès immédiat ne frappe pas à la porte de Monsieur et Madame tout le monde. Les obstacles sont nombreux sur la route du succès. Avant de l’atteindre, il faut surmonter la réception des clients, les problèmes d’approvisionnement, les soucis de qualité, les ennuis de trésorerie et autres. Et les success stories qu’on lit dans les magazines orientés business ne font que prouver que c’est suite à une rencontre fortuite, lorsque l’on est sur le point d’abandonner, bref quand on s’y attend le moins que le fameux « TOC ! TOC ! » du succès se fait entendre.

 

4 ème contrevérité : Génération micro-ondes – Tout va très vite
Les administrations ne sont pas réputées pour leur capacité à gérer leur dossier…vite. Les délais de paiement sont tels qu’une chasse aux mauvais payeurs est régulièrement lancée avec des recours au « name & shame ». Et de l’autre côté, dans la version pessimiste du business plan, on ambitionnait une première commande dans les trois mois suivants le lancement du nouveau produit et à la date fatidique, toujours rien. Les retards, dépendants ou non de la volonté, sont malheureusement légions. Et les motifs sont nombreux, parfois même grotesques, du manque de motivation à la facture oubliée sur un coin de bureau. Donc pour ne pas être pris au dépourvu, prévoir large permet de s’éviter quelques stress. D’ailleurs, multiplier par deux le temps prévu pour réaliser les différentes étapes de lancement de son entreprise n’est pas inopportun. Vous pensiez pouvoir signer votre premier client trois mois après le lancement du produit ? Par sécurité, il vaut mieux compter six mois et prévoir la trésorerie en conséquence. Rien ne se passe comme prévu quand on crée sa startup. C’est souvent plus complexe que planifié initialement, à cause des nombreux impondérables. Alors lors de la rédaction du business plan, gardez en mémoire que même l’hypothèse basse peut être trop optimiste.

 

5 ème contrevérité : De salarié(e) à entrepreneur(e) – la rémunération fait un bon vers le haut
Pour parler vrai, dans un premier temps, c’est l’encéphalogramme plat en termes de finances qui rentre. L’entreprise vit, survit, vivote grâce au trésor de guerre que vous avez su faire en amont. Entrepreneuriat n’est pas synonyme de dénuement total. Il faut juste garder en mémoire qu’avant de prétendre à une quelconque rémunération, il faut travailler dur et faire preuve de patience. Il n’est pas rare de voir des entrepreneurs attendre un-deux ans avant de pouvoir se rémunérer. Montant qui n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’ils touchaient en tant que salariés. Donc si votre motivation pour créer votre entreprise est d’abord celle de l’argent, vous risquez de déchanter. Non pas qu’il faille être désintéressé. Il faut juste se dire que l’argent qui arrive entre les mains, qui va être utilisé pour régler les dépenses courantes, payer les factures, améliorer son train de vie n’est autre que la rançon du succès. Succès qui s’arrache à force de travail, de détermination et d’envie.

 

6 ème contrevérité : Vision, un terme cosmétique
Quelle erreur que de croire cela. Surtout que la vision, est la pierre angulaire du business model, du business plan. Avant de créer son entreprise, mûrir longuement son projet, bâtir sa vision sont des prérequis. Pour revenir à une définition communément acceptée, la vision est « Une description d’un état futur et désirable de l’organisation et/ou de son environnement. » La rédaction de la vision autorise, encourage, oblige même à voir loin, à viser haut. À dire vrai, la vision est un défi que l’on se lance. Une fois posée, elle simplifie la prise de décision, motive, donne une direction, aide à faire des choix, bref, elle cadre et structure une entreprise. Et cette vision, vous en êtes le garant. Charge à vous de la défendre, de vous y tenir face à l’adversité. Donc clairement la vision n’est en rien cosmétique. On pourrait même dire qu’elle est guerrière et a toutes les raisons d’être sur toutes les lèvres.

 

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